En dépit de la colère des joueurs, PlayStation ne semble pas vouloir revenir sur sa décision de mettre à mort les jeux physiques, et il y a une raison très simple à cela.
Voilà maintenant plus d’une semaine que PlayStation a officialisé son intention d’abandonner le marché physique à l’horizon 2028, se mettant ainsi une bonne partie de l’industrie à dos. Car le moins que l’on puisse dire, c’est que la nouvelle a énormément de mal à passer auprès des joueurs, qui multiplient les coups de gueule, les vendettas et même les pétitions pour pousser la firme japonaise à revenir sur sa décision. Mais dans l’immédiat, PlayStation se contente de jouer l’autruche vis-à-vis de la situation, et cela pourrait malheureusement bien continuer.
PlayStation entend la colère des joueurs, mais cela n’y changera rien
En effet, alors que le long silence qui a suivi l’annonce du 1er juillet aurait pu être pris comme une réaction aux conséquences qu’elle a déclenchées, il s’avère finalement qu’il n’en est rien. Depuis le 7 juillet, PlayStation a repris sa communication comme si de rien n’était, ignorant la colère des joueurs comme si elle n’existait pas. De quoi remettre une bonne dose d’huile sur le feu, donc, et pousser la communauté à redoubler ses efforts ; que ce soit en se désabonnant en masse du PS Plus ou en signant une pétition ayant déjà récolté plus de 200 000 signatures.
Pour le Dr Serkan Toto, PDG de Katan Games, un cabinet de conseil spécialisé dans le jeu vidéo au Japon, cela semble toutefois d’ores et déjà être peine perdue. « Je comprends les amateurs de supports physiques, mais PlayStation ne reviendra pas sur cette décision », a-t-il déclaré auprès d’IGN. « Ils avaient parfaitement conscience des réactions qu’ils se prendraient en ligne. Ils attendent désormais que la tempête passe ». Et la raison à cela, selon lui, est très simple : Sony aurait bien peu à gagner à faire machine arrière d’un point de vue business.
« Sony compte plus de 120 millions d’utilisateurs actifs sur PlayStation. Environ 50 millions de personnes sont abonnées au PS Plus. Imaginons à titre hypothétique que 500 000 d’entre elles résilient leur abonnement pour protester : cela ne représenterait qu’une perte de 1% de cette activité, ce qui est évidemment insuffisamment pour amener Sony à revoir sa stratégie », assure Toto. « Le numérique est tout simplement trop lucratif pour qu’on puisse lutter ». Car forcément, au-delà même des préférences du marché, PlayStation a aussi beaucoup à y gagner.
La mort des jeux physiques représente un gain certain pour la firme
Car oui, tout le monde le sait : le marché physique tend aujourd’hui de plus en plus à s’incliner face au marché numérique – même si les chiffres sont loin d’être aussi radicaux que ce que PlayStation ne veut bien nous le faire croire. Mais ce que voit la firme, dans cette décision, relève surtout des avantages financiers qu’elle peut en tirer. Après tout, tirer un trait sur les versions physiques lui permet non seulement d’économiser les coûts de fabrication et de distribution, mais aussi de maximiser la part des revenus que PlayStation obtient sur chaque vente de jeu.
Sur un titre first-party vendu à 70$, par exemple, seuls 45.50$ reviennent à Sony dans le cas d’une version physique, contre l’intégralité dans le cas d’une vente réalisée via le PlayStation Store. Soit un gain de 54% supplémentaires à l’arrivée, en somme. Même chose pour les titres third-party, où la firme n’obtient que 35$ de revenus dans le cas d’une version physique, contre 49$ pour une version numérique ; soit 40% de plus. Et c’est précisément ce qui intéresse PlayStation dans le cas présent : maximiser ses profits sur le long terme.
Alors oui, évidemment, la firme japonaise s’attendait très certainement à ce qu’une forte opposition émerge du côté des joueurs. Ce n’est pas la première fois qu’un tel débat se retrouve de façon houleuse au cœur de l’actualité, et ce n’est certainement pas la dernière non plus. Mais cela suffira-t-il pour autant à pousser PlayStation à faire machine arrière alors qu’une hausse exponentielle de ses revenus est en jeu ? Sans doute pas. Un compromis est-il possible ? Peut-être. PlayStation souhaitera-t-il s’en accommoder pour autant ? L’avenir nous le dira.
Sources : IGN, Jason Schreier